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  • Froussarde vagabonde (2)

    (si tu n’as pas lu la partie (1) tu ne vas rien comprendre à ce qui arrive à notre « héroïne »! Alors zou, files d’ici si c’est le cas!)

    ………………………………………….

    Tout avait commencé quatre mois auparavant.

    Ou plutôt devrais-je dire six mois.

    Parce qu’en fait, c’est une petite décision, prise sur un coup de tête qui m’a fait changer de vie. Et cette décision est elle-même l’aboutissement d’un enchaînement de moment de doutes.

    Je m’explique.

    Il y a encore pas si longtemps de cela, j’étais surveillante dans un lycée. Celle que les élèves appelaient « la pionne ». J’aimais mon travail, me sentais utile, mais ressentais au fond de moi un malaise, comme si je n’étais pas exactement là où je devrais être. Comme si ma vie, bien qu’elle me plaisait comme elle était, n’était pas vraiment celle qui m’était destinée. J’ai toujours su m’émerveiller pour tout et n’importe quoi, me contentais donc facilement de ce que j’avais et trouvais un tas de raison d’être joyeuse au fil de mes journées.

    Malgré tout, une petite voix au fond de moi, que je n’écoutais absolument pas à l’époque tant j’étais persuadée de me connaître à fond, me soufflait des petites phrases, bribes de mes rêves les plus enfouis, que je ne voulais écouter tant ils n’étaient pas raisonnables. Je croyais dur comme fer que le bonheur ne se trouvait qu’en acceptant le quotidien, en essayant de le voir d’une manière positive quoiqu’il arrive.

    Je pense d’ailleurs toujours que c’est une bonne manière de vivre heureux.

    Cela dit, se contenter de vivre ce que l’on m’offrait sans essayer de se dépasser, de voir jusqu’où je pouvais aller ne me suffisait plus. J’avais besoin de sortir de la sécurité du quotidien, de me pousser dans mes extrêmes. Vouloir plus ne rend malheureux que si l’on n’est pas déjà satisfait de ce que l’on a. Si un besoin de changement était un défi personnel, quelque chose dont l’intérêt était le chemin et non le but, cela ne devenait qu’une nouvelle expérience à vivre.

    Bon, c’est ce que je dis aujourd’hui, mais a l’époque, je me contentais d’aller voir régulièrement un thérapeute en espérant qu’il arriverait à me remettre en « mode sans échec ». Ce mode où je faisais taire les doutes afin de pouvoir suivre le chemin qui me paraissait tout tracé. Profiter de mon job pour recommencer mes études et devenir intervenante musicale. A défaut de devenir moi même une musicienne accomplie, je me disais que je pourrais toujours donner la fibre à la future génération. Un boulot stable, qui me permettrait de ne pas m’inquiéter pour mes lendemains, de m’intégrer au monde tel qu’il était, même si je ne me sentais pas toujours en phase avec lui. Voilà à peu près où j’en étais à cette époque de ma vie. C’est à peu près le moment où est arrivé la période la plus bénie de l’année.

    Les vacances d’été.

    Je n’étais pas payée pendant les congés et m’étais déjà résolue à consacrer mon temps de répit à la farniente, occupation peu chère qui ne cramerait pas mon budget.

    J’étais en train de profiter du soleil, appréciant sa chaude caresse rendue encore plus agréable par une légère brise, lorsque mon téléphone me sortit de ma torpeur.

    -Salut, je ne suis pas loin de chez toi, si tu veux je m’arrête pour la soirée !

    Ca alors, quelle surprise !

    C’était un gars que j’avais rencontré dans un festival il y a quelques années et que je recroisais régulièrement dans les endroits les plus improbables. On avait réalisé au fil des rencontres que nous avions beaucoup de connaissances en commun, et continuions depuis à garder le contact.

    Je m’empressais d’acquiescer et me lançais dans une session cuisine de dernière minute. J’avisais mes colocs de son imminente venue et lorsqu’il arriva, tout était prêt. Un apéro dînatoire express fait avec les moyens du bord, mais où il y avait de quoi festoyer dignement.

    Au fil de la soirée, nous discutons de tout et de rien, rions, buvons, philosophons, bref, une bonne soirée comme on en fait tant d’autres.

    Ce n’est que le lendemain que le premier événement est arrivé.

    Nous venions de lancer la journée à coup de café et de croissants (qu’il était allé chercher à la boulangerie avant même que je n’émerge de ma chambre), lorsqu’il me lance, l’air de rien, qu’il part dans la demi-heure rejoindre un groupe de potes au Portugal, et que si ça me dis, je peux l’accompagner. Nous serions accueillis dans la demeure familiale de son plus vieil ami et n’aurions que les frais de route et de nourriture à assumer.

    Je reste interloquée l’espace d’un instant.

    Une demi-heure ? C’est une blague !

    Comment veut-il que je prenne une décision pareille en si peu de temps !

    Et encore, je n’ai pas parlé des bagages !

    -Bon, vu que je n’ai pas le temps d’abord réfléchir et d’agir ensuite, je commence à faire mes bagages au cas où je déciderais de t’accompagner, lui expliquais-je tout en m’affolant dans tous les sens, Mais ça ne veut pas dire que je pars avec toi, ok !

    Il sourit.

    Je lui lance un regard qui tue.

    Son sourire devient moqueur.

    Bon, j’ai pas le temps de m’occuper de ton cas mon gaillard, t’as du bol.

    Je continue d’entasser un peu tout et n’importe quoi dans mon sac à dos. Pendant ce temps, à l’intérieur de moi, ça carbure.

    Qu’est ce que je fais ?

    J’essaye de réfléchir à la conduite à tenir, mais mon cerveau me donne l’impression de tourner à vide. Impossible de me concentrer sur une idée. Je force, j’essaye de peser le pour et le contre, mais rien ne me vient.

    Puis je comprend que j’ai tout simplement déjà pris ma décision.

    Un mois au Portugal ! Et ça ne me coûtera pas plus cher de glander là-bas plutôt qu’ici ! Je me fend d’un immense sourire, mon ami comprend que je suis parée et me lance un laconique :

    -Je t’attend dans la camionnette.

    Et voilà.

    Débrouille toi ma vieille.

    J’embarque mon vieil accordéon et un tas de partitions dans l’espoir d’enfin m’y remettre ; ça fait des années que je ne l’avais pas retouché, et encore, même à l’époque je ne l’effleurais que rarement. Il n’avait été pour moi qu’un piano portable, et je n’y avais travaillé des morceaux que pour le plaisir de jouer aux amis quelques pièces lorsqu’il n’y avait pas de piano à portée de mains.

    J’y ai un répertoire très limité, mais je ne me voyais pas partir sans aucun instrument de musique pour une si longue période.

    Me voilà prête.

    Il me reste encore un quart d’heure, ce que je constate avec étonnement. Je me précipite vers mes colocs pour les informer de mon départ, ce qu’ils apprennent sans la moindre pointe d’étonnement, ce qui a le mérite de me surprendre moi par contre. Et peut-être même un peu de me décevoir… Mince, c’est pas tous les jours qu’on annonce un truc pareille !

    Ils se contentent de lever les épaules en souriant d’un air entendu. Bon, c’est pas tout ça, mais gardez vos mystères pour mon retour. Je ne les ai revus qu’environ un mois plus tard.

    On était partis moins de vingt minutes après sa proposition.

    S’en sont suivis deux jours de voyage que nous avons mis à profit pour visiter les quelques villes espagnoles qui se dressaient sur notre route. Les paysages changeaient régulièrement, et j’étais déjà surexcitée avant même d’être arrivée. Le trajet en lui même suffisait à me rendre radieuse. Je laissais mes yeux se remplir de tous ces nouveaux horizons, appréciais le plaisir de rouler, et parfois, demandais à mon chauffeur une petite halte pour profiter d’un point de vue et prendre quelques photos à l’occasion.

    J’avais profité de ce moment pour remettre en place quelques morceaux que j’avais appris dans le passé. Il n’y avait pas de radio dans le véhicule, et même si mes notes étaient hésitantes, ça nous suffisait pour créer une atmosphère joyeuse, tout en chantant à tue-tête un tas de chants issus de divers répertoires à travers le monde que nous apprenions au fur et à mesure.

    Nous nous sommes arrêtés pour passer la première nuit à l’orée d’une majestueuse forêt, profitant de la voûte étoilée tout en grignotant notre repas du soir, que nous avions préparé dans la cuisinette du van. J’éprouvais un immense sentiment de liberté, comme si tout était possible à partir de ce moment là. Loin des barrières invisibles que je m’étais posées dans ma vie de tous les jours, le fait de ne pas savoir ce qui allait se passer dans le mois à venir me faisait réaliser pleinement que je pouvais, si je le désirais, faire absolument tout ce que je souhaitais si je m’en donnais les moyens.

    Que toutes les excuses que je me donnais, même bonnes, ne restaient au final que des excuses.

    Nous n’avons pas parlé de la soirée, chacun s’immergeant dans la beauté environnante. Et c’est sous la lunaire lueur du soir que je découvris ma petite phrase, mon mantra personnel, celui qui dit « j’arrête de trouver des excuses et j’avance car telle est ma volonté ».

    Bien-sûr, entre le moment où l’on comprend et le moment on l’on intègre, de l’eau passe sous les ponts. Mais ce soir là, j’étais à la croisée des chemins. A l’endroit où toute décision paraissait envisageable. J’ai alors décidé. Une chose essentielle à la suite de mon histoire.

    J’ai décidé de ne plus décider.

    De voir où le vent m’emporterait.

    Nous avons nettoyé notre campement et fait notre vaisselle sans un bruit et sommes allés nous coucher. La nuit fut une des plus paisibles que j’avais passé jusque là, bercée par le vent et les animaux nocturnes, bien au chaud et à l’abri dans la maison roulante de mon ami.

    Le mois qui a suivi m’a paru à la fois être une éternité par sa richesse et un seul jour de ma vie tant il fut entier et unique. Nous étions logés par la famille de son fameux plus vieil ami, et je n’ai que rarement rencontré des gens aussi accueillants. Nous mangions les produits du jardin, récoltés par nos soins chaque jour, faisions notre pain dans le magnifique four a bois, pêchions, glanions, je me sentait en phase avec les bontés de la nature. Je refaisais connaissance avec mon accordéon en découvrant jour après jour de nouveaux sons par une approche moins académique du jeu. J’en faisais profiter notre petite tribu autour d’une belle flambée rivalisant de luminosité avec la voûte stellaire, surplombant les vignes familiales, dignes ancêtres du bon vin maison que nous dégustions à chaque occasion, c’est à dire tous les soirs. Les journées étaient enrichies de ballades, de découvertes des merveilles que nous proposait la région. Nous commencions à comprendre quelques phrases au vol en Portugais et ce pays me donnait l’impression d’être rempli de gens plein de bonhomie et vivants.

    Vraiment vivants.

    Sans savoir ce que nous allions faire le jour même, on laissait le hasard des chemins nous guider. Il y eu aussi la fête du village, qui dura rien de moins que deux semaines ! Tout le monde était dehors le soir, du bébé à la centenaire du village, célébrant la vie en chants, danse, ripailles et beuveries. Le tout sans excès de violence comme on pouvait le voir par chez moi en fin de soirée.

    Peut-être n’est ce qu’une illusion due à l’état de grâce dans lequel j’ai été durant tout mon séjour, mais je garde du Portugal l’image d’un pays accueillant et plein de joie.

    Autant dire que lorsque le moment du départ est arrivé, j’ai eu l’impression que l’on m’arrachait une partie du cœur.

    Je ne pouvais plus envisager de vivre ma vie à moitié. J’avais été tellement heureuse au quotidien pendant un mois, que je ne pouvais plus m’imaginer me contentant de survoler les nombreuses possibilités que la vie m’offrait. Il m’était impensable de ne pas prendre de risques pour essayer d’atteindre mes rêves. La vie me paraîtrait maintenant bien trop ennuyeuse si je devais me résoudre à ce chemin tout tracé. J’avais apprécié bien plus que je ne l’aurais imaginé de ne pas savoir ce qui allait se passer dans les instants suivants. Au Portugal, on ne prévoyait rien. Nous prenions toutes nos décisions sur un coup de tête, et vivions dans la calme excitation de ceux qui partent à l’aventure.

    J’ai réalisé que j’aimais vivre sur le fil.

    C’est donc en rentrant de ce voyage que je suis devenu aux yeux de mon entourage complètement folle.

    Je n’ai pas vraiment réfléchi à vrai dire, j’ai réagis à l’instinct de l’instant, ou l’inverse. A peine arrivée, j’ai avisé le lycée que je ne reconduirais pas mon contrat. Je n’ai pensé à vérifier mon compte épargne seulement après coup, heureusement, il était à peu près correctement rempli.

    Enfin, tout est relatif, n’est ce pas.

    Le lendemain, je m’inscrivais sur la liste des demandeurs de pitié.

    Bon, c’est l’impression que ça m’a fait sur le coup en fait, mais c’est réellement à ce moment que j’ai apprécié la chance que j’avais de vivre dans un pays qui donnait l’opportunité à chacun de changer de vie s’il le souhaitait en l’épaulant sur ce chemin par un coup de main financier.

    Vraiment, je crois que ce fut réellement la première fois que j’eus un tel élan de gratitude pour ce système qui me paraissait parfois si étrange.

    Le surlendemain, j’ai commencé à prendre conscience de l’éventuelle connerie que j’avais peut-être commise. Mine de rien, une place de « pion », ça vaut de l’or.

    Mais heureusement, les bienfaits de mon voyage étaient encore actifs, modifiant ma perception du monde. Je n’ai pris qu’un court instant pour décider du chemin sur lequel j’allais m’engager. Après ces soirées Portugaises où j’avais quasiment sorti mon accordéon tous les soirs pour animer les veillées, je n’avais plus de doutes sur ce que désirait mon cœur.

    Jouer, interpréter, et surtout composer de la musique pour faire vibrer les gens, pour émouvoir leurs âmes, et leur donner envie de s’amuser et de danser.

    Dès lors, je m’installais derrière mon piano, inlassablement, en espérant que le miracle se produise.

    Une composition.

    Comme si, à force de regarder le clavier, il allait arriver, ce miracle. Je tâtonnais sur les touches, cruellement consciente de l’inutilité de mes tentatives.

    J’écoutais la musique des autres, qui me transcendait, qui m’exaltait, et me demandais, jour après jour, comment Ils faisaient pour trouver ces idées, comment Ils faisaient pour…composer.

    Mon graal.

    Comment font-Ils pour que lorsque tu les écoutes, tu as les tripes qui s’entortillent ? Ca me dépasse.

    Alors, quand ça m’énervait trop, je me vengeais en maltraitant mon piano. Les nuits pouvaient être troublées par nos cris de rage et de désespoir lorsque nous finissions par nous engueuler pour savoir qui de l’instrument ou de l’instrumentiste était le coupable.

    C’est ainsi que je me suis retrouvée, quelques mois plus tard, à répondre à une annonce pour ce groupe de reprises pour camping, en espérant que cela m’aide sur la voie.

    ************************************************

    Les jours qui ont suivi l’audition restent très flous dans ma mémoire.

    J’attendais les résultats, tournant chez moi comme un lion en cage, incapable de me concentrer sur la moindre action tant j’étais obnubilée par cette réponse. Je n’arrivais pas à prendre le recul nécessaire, à me dire que non, tout mon avenir ne se jouait pas sur leur décision. J’avais une boule dans la gorge en permanence, me levais et me couchais dans la fébrilité, bref, j’étais entièrement tournée vers le coup de fil qui allait peut-être changer ma vie.

    Dans ces moments là, je regrettais de ne pas avoir quelqu’un avec qui partager mes soucis.

    « Salut Quelqu’Un, t’as passé une bonne journée ? Oui, moi aussi, merci de demander ! »

    Quelqu’Un, avec qui je pourrais me changer les esprits.

    Quelqu’Un, qui vivrait mon impatience avec moi.

    Quelq’Un, qui partagerait les émotions de la réponse, quelle qu’elle soit.

    Mais je savais aussi que Quelqu’Un me prendrait du temps, du temps que je ne pourrais consacrer à ma propre recherche intérieure, et je ne voulais pas avoir qui que ce soit, même Quelqu’Un, qui m’influence sur un autre chemin que celui que je sentais être le mien.

    C’est donc dans cet état d’esprit que je me trouve, ce matin, à tenter de me faire un jus d’orange frais avec les quelques oranges défraîchies qui trônent dans notre panier à fruits. Je viens de me couper le doigt en essayant simplement de couper ma première orange en deux. Ca y est, la journée m’exaspère. De toute façon, tout m’énerve en ce moment. Je bois mon jus une fois l’épreuve de force terminée, quasiment d’un trait et en grimaçant.

    Il est vraiment infâme, ces oranges étaient décidément trop vieilles.

    Mon téléphone sonne alors que je viens d’avaler de travers la dernière gorgée mon jus d’oranges périmées.

    Je décroche en crachotant un « allo » humide et manque de m’étouffer une deuxième fois lorsque j’entends mon interlocuteur se présenter comme le batteur du groupe pour lequel j’avais auditionné.

    -Bon, ben…voilà, bon…

    Accouches !

    -Bon, je suis désolé, mais on ne te prend pas.

    Mes entrailles se figent. Je n’ai pas encore envie de pleurer, mais je sens que ça ne va pas tarder.

    Faut que j’abrège.

    -Pourquoi ?

    Mince, c’est pas une question à poser quand tu veux abréger !

    -Ben, heu…, se remet à ânonner mon interlocuteur dont je ne me rappelle que l’oeil et la touffe de cheveux. En fait, techniquement, c’était super, mais, heu…le bassiste trouve que t’as pas l’air super confiante en toi et heu..ben…il a peur que tu nous lâches en plein concert.

    Silence interminable.

    Je me concentre à fond pour dominer ma voix, le remercie, et raccroche sans plus de cérémonie.

    Je cherche inconsciemment autour de moi pour trouver Quelqu’Un.

    Il n’est pas là, forcément.

    Je me replie dans ma chambre.

    ****************************************

    Je me laisse tomber sur mon lit, tête la première.

    Je pleure doucement tout en observant les larmes humidifier le bout d’oreiller sur lequel j’ai posé ma tête.

    C’est super bizarre de se regarder pleurer.

    Je me pelotonne contre le mur, en serrant mon nounours très fort contre moi. Je suis dans mon antre, dans mon nid, et mon lit est protégé de toutes parts par des meubles qui forment un petit territoire dans lequel je suis seule à pénétrer. L’accès à mon lit ne peut se faire qu’en passant par dessus un de ces meubles. Mais une fois que j’y suis, je me sens protégée du reste du monde.

    J’aime les gens. Tous les gens.

    Mais j’essaye de ne pas m’attacher à des personnes en particulier. Bien trop dangereux. Je ne veux pas être en manque plus tard. Même ma famille, je suis partie loin d’eux dès que j’en ai eu la possibilité. Je ne leur ai pas laissé l’occasion de me blesser.

    Loin, je suis plus forte aussi face à eux.

    Forte, je suis forte.

    Pas de copain, pas d’enfant, pas même d’animal pour me couper de ma solitude, de ma liberté. Les sanglots se font plus forts, je ne maîtrise plus ma respiration, je sens que je tombe dans le gouffre.

    Je sombre.

    Je hurle, je peste, je pleure, je m’abandonne totalement à la douleur.

    Mon cœur est oppressé, ce n’est plus un gouffre au fond de moi, mais un abîme.

    Un trou noir.

    Le néant qui transforme la beauté en détresse.

    La joie en rancoeur.

    Ma gentillesse en dégoût.

    Ma liberté en prison.

    Je dérive, je ne sais plus pourquoi je souffre. D’où vient toute cette douleur ? Ce n’est pas qu’à cause de l’audition, mais bien plus profond, je le sens. Comment puis je continuer à diffuser de l’amour autour de moi si je ressens tout ce mal ?

    La crise passe.

    Je n’ai plus de force, pour penser, pour pleurer, ni même pour ressentir quoique ce soit. J’ai laissé mes émotions se déchaîner, et maintenant je suis vide. Plus rien n’a d’importance pour moi. Ni joie, ni peine, je ne suis plus qu’un amas de chair avec un cœur qui bat pour faire fonctionner la machine.

    Je laisse le sommeil m’emporter.

    A mon réveil, il est tard, le soleil est parti se reposer, et moi je n’ai évidemment plus envie de dormir. Je me roule un pétard et part à la cuisine me faire un chocolat chaud. Je le sirote devant un épisode d’une de mes séries préférées, tout en fumant doucement.

    Deuxième épisode, deuxième pétard.

    La soirée s’écoule tranquillement dans un environnement choisi pour ne pas penser.

    Lorsque mes paupières recommencent à donner des signes de fatigue, je lance un dernier épisode et m’endors dès que c’est fini d’un sommeil de plomb.

    Je ne rêve que de vaisseaux spatiaux, la ruse a fonctionné.

    Je me lèverais peut être demain matin.

    Ou je me forcerais à dormir, dormir, jusqu’à ce que mes rêves commencent à devenir trop lointains, jusqu’au moment où se forcer à dormir crée plus de mal que de bien.

    Jusqu’au moment où je n’aurais plus le choix et serais obligée de repenser.

    (à suivre…)

  • La libération de la Belle au Bois Dormant.

    La libération de la Belle au Bois Dormant.


    Quand la belle au bois dormant fut réveillée par son prince, l’histoire raconte en général qu’ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

    Mais il en fut tout autre.

    Remettons nous dans le contexte. La princesse se réveille, repousse de sa bouche le prince qui essayait d’y mettre la langue (alors même qu’elle avait une pâteuse digne d’un ciment périmé, le genre que tu ne peux avoir qu’après avoir dormi trop longtemps ! Et pour rappel, ça faisait quand même 100 ans qu’elle pionçait) et que bon, ça se fait pas, on ne se connaît pas Monsieur. Après avoir bien frotté ses yeux et s’être débarrassée des 5cm de croûtes de yeux qui l’embêtait tout en réfléchissant à ce qu’elle faisait là et au pourquoi du comment elle se réveillait avec un type collé à la bouche, notre princesse observa son sauveur.

    C’était un Vrai Prince.

    Il était beau, sa chevelure resplendissant dans le rayon de soleil qui perçait la fenêtre, des bras musclés qui donnaient envie de s’y blottir, et ses yeux…mon dieu ses yeux !! Un regard sombre et profond, aux cils épais et envoûtants dont on ne pouvait plus se détacher.

    Elle continua à l’observer pendant qu’il pérorait, parlant de leur avenir, leurs enfants, de ses futures occupations en tant que femme du futur roi….

    Il était Beau…et il le savait.

    Prétentieux et arrogant, il était certain de savoir mieux que quiconque ce qui était bon pour l’avenir du pays, alors bien même qu’il n’avait jamais vécu en dehors de son palais, hormis pour aller guerroyer par-ci par-là (toujours pour le bien de son pays évidemment).

    Il ne tentait pas de la séduire, persuadé de l’avoir gagnée en triomphant du dragon (qui en fait ne faisait que passer par là et n’avait rien demandé. Il avait joué au mort face à ce petit humain surexcité pour éviter l’affrontement : il était végétarien et ne tenait pas trop à ce que cela se sache). Façon trophée, récompense pour vos hauts faits, vous gagnez un niveau, une nouvelle armure et une femme.

    Merci bien.

    Elle se raccroche tant bien que mal à une phrase au vol pour essayer de reprendre pied dans la réalité.

    Blablabla, m’épauler dans mon travail, blablabla insipide, votre image sera celle de la royauté, blablabla… Hmmmm, ce prince cherche une belle potiche pour gagner l’opinion publique.

    « Prince, je…. »

    Mais le prince ne l’entend pas, occuper à s’écouter parler lui-même.

    « S’il vous plaît, je… »

    « Evidement, vous m’offrirez deux fils vigoureux pour assurer la descendance, Emile et Robert »

    Manquant de s’étouffer en entendant cela, la princesse commençait à s’échauffer.

    « wo le prince ta gueule ! » (en substance)

    Choqué par de tel propos dans la bouche d’une frêle et pure jeune fille, le prince se tait, sans pour autant refermer la bouche. Un horrible doute l’assaillit. Cette jeune fille, au vu de ses manières, semble être de petite vertu ! Quelle horreur, quelle femme digne de ce nom ne se réserve pas pour son futur mari ?? Il ne manquerait plus que les femmes croient avoir leur propre vie ! Et puis quoi encore ! Suivre le troupeau, c’est ce que l’on demande aux femmes et aux moutons !

    En voyant la tête d’ahuri du prince, Aurore eut soudain la sensation de lire dans ses pensées.

    A vrai dire, il n’y avait là rien de très compliqué, ses pensées, ainsi que l’état général de ses réflexions, étaient telles qu’un chiot aurait pu les comprendre. Le prince n’avait jamais réfléchi par lui-même. Il s’était simplement approprié les idées des autres, celles de son époque et de son milieu, sans jamais s’interroger sur leur bien-fondé.

    Profitant de ce que le prince peinait à reprendre pied face à cette impertinente princesse qui lui appartenait pourtant, la jeune fille reprit :

    « Alors déjà, pour commencer, bonjour je m’appelle Aurore, enchantée (le prince reprit son petit sourire conquérant) par une sorcière il y a cent ans et désenchantée de faire votre connaissance (disparition du sourire et retour de la tête de carpe). Je vous remercie profondément de m’avoir réveillée et vous suis par cela redevable, mais ne comptez pas sur moi pour devenir votre femme. De un, je suis bien trop jeune pour cela, j’ai dormi cent ans, alors je rêve de toute autre chose que de rentrer dans une prison, dorée ou non, de deux, je veux découvrir le monde, et vous feriez bien d’en faire de même, parce que si vous espérez devenir un bon dirigeant, il serait temps d’apprendre à connaître la réalité. Celle des autres, qui ont leur propres aspirations et leurs problèmes. Et ce n’est pas du haut de votre fastueux bastion que vous pourriez connaître la réalité du plus grand nombre. Bref, je vous laisse, fermez la bouche vous allez avaler une mouche. Allez, ciao ! »

    Et elle l’abandonna sur place, où il resta pétrifié d’incompréhension, de colère, de stupeur, d’aberration, de rage même, et, il ne savait pas trop pourquoi, d’une vague tristesse qui n’avait rien à voir avec la princesse. Il lui fallu trois jours pour repartir. L’histoire ne dit hélas pas si cette introspection lui fut bénéfique ou non, car cette histoire ne parle que de la princesse.

    Et la princesse, après avoir parcouru les terres alentours et connu la vie des gens de l’époque dans laquelle elle s’était éveillée, avait décidé que non, les esprits étriqués des contemporains ne la satisfaisait pas.

    Ni une, ni deux, elle reparti dans son lit et se repiqua le doigt au rouet magique.

    Cent ans plus tard, le charme agit à nouveau et un nouveau prince la réveilla. Mais au grand désespoir d’Aurore, les mentalités n’avaient guère l’air d’avoir beaucoup changé. Re-rouet, re-dodo, et quelques tonnes de bave plus tard, re-prince, re-prise de bec et re-voyage. Ce petit manège dura quand même cinq cent ans de plus. Jusqu’à l’arrivée d’un prince qui n’en était plus vraiment un, car alors la royauté ne dominait plus le monde et lui même ignorait qu’il était le descendant d’un prince. Il était charmant, véritablement, sa beauté transcendée par une farouche volonté d’améliorer le monde.

    Dès qu’il l’eut réveillée, il s’excusa de ce baiser volé. Baiser qui lui avait été inspiré par la magie, même s’il ne le savait pas.

    Il se présenta, Jo, peintre et militant, en lutte pour la justesse, à travers l’art et l’action, chevalier des droits universels! Il avait dit cela sur un ton humoristique, avec une grandiloquence exagérée, une main sur le cœur et l’autre dressée vers le ciel, mais la lueur passionnée dans ses yeux prouvait sa conviction intime. Puis il s’enquit de ce qu’elle faisait là, et d’ailleurs, c’est où là ? Il aurait juré qu’hier encore ce n’était qu’un terrain vague.

    Aurore lui raconta alors son histoire, concluant ainsi :

    « Je suis ravie de vous accepter comme Prince Charmant. J’accepte donc de vous épouser, comme le veut l’histoire, vivons heureux et ayons beaucoup d’enfants ! »

    Si un prince comme lui était venu la réveiller, nul doute que l’époque dans laquelle il vivait était beaucoup moins étouffante que celles qu’elle avait exploré auparavant. Elle était maintenant une femme, ayant passé à chaque fois une année à explorer les époques dans laquelle elle se réveillait, donc elle se sentait prête à assumer son rôle d’épouse, aux côtés d’un prince qui, elle en était sûre, ne lui dicterait pas ce qu’elle avait à faire. Elle s’approcha donc de lui pour lui offrir leur premier vrai baiser, la démarche chaloupée, un sourire enjôleur sur ces jolies petites lèvres.

    Aussi fut-elle très étonnée lorsqu’il la repoussa.

    Gentiment, mais il se détourna et la pris fermement par les épaules pour l’éloigner de lui.

    « Je suis désolé, mais moi, je ne souhaite pas t’épouser. De un, quelle idée de vouloir épouser quelqu’un que tu viens à peine de rencontrer, et de deux, ne crois-tu pas qu’il serait temps de t’impliquer dans la vie avec tes congénères ? Parce que c’est bien beau d’attendre en dormant que les autres fassent le sale travail à ta place, mais si tu veux vivre dans un monde merveilleux, y’a du boulot, et toute les bonnes volontés sont les bienvenues ! »

    Aurore sent son cœur se serrer, tente de juguler une soudaine montée de gêne, et bientôt de honte.

    Puis de colère, d’incompréhension, et, elle ne sait pas très bien pourquoi, de tristesse, qui n’avait rien à voir avec le prince.

    « Tu sais, j’ai essayé. Au début en tout cas. Je suis partie à la rencontre des gens, j’ai essayé de les comprendre, j’ai essayé de leur parler de mes idées, mais tout le temps je me heurtais au mur de ma féminité. Personne ne donnait foi à ce qu’ils appelaient les divagations d’une hystérique. Et à force, c’est la mienne qui s’est effritée. Plus le temps passe, plus cela est compliqué. A mon âge, une femme célibataire n’est regardé qu’avec dédain ou pitié »

    Et elle fondit en larmes.

    Le prince songea à certaines de ses amies, quarantenaires et célibataires, et se dit que, définitivement, aucun de ces mots ne leur aurait convenu. Interloqué et conscient de l’avoir blessée profondément, le prince-qui-ne-savait-même-pas-qu-il-en-était-un se radoucit.

    « Mais…tu as quel âge ? »

    Elle avait l’air si jeune ! Ce qui lui fut confirmé par un « 21 » mouillé, étouffé dans un pitoyable sanglot.

    Le prince prit les choses en mains et entreprit de lui faire un résumé de l’époque actuelle. La princesse fut bien surprise d’apprendre qu’il était possible de ne jamais se marier et de n’avoir aucun enfant, de se construire sa propre vie et de s’appartenir entièrement. Certaine d’être arrivée à l’époque bénie dont elle rêvait, elle souriait béatement. Sentant la jeune fille partir en flèche dans le monde sucré des bisounours, Super-Prince entama le chapitre de la fragilité et de l’incomplétude de toute ces belles choses et dépeint le monde chaotique qui était le sien, où bien d’autres gigantesques combats étaient à mener, en commençant par l’état de la planète. Ahurie des changements arrivés en à peine un cycle de sommeil (cent petites années, là où pendant des centaines d’autres elle n’avait perçu que des changements minimes!), elle se demanda s’il ne lui vaudrait pas mieux se repiquer illico au fouet pour éviter de voir la déchéance. Se couper de la conscience, de la réalité, repartir rêver, se doper d’images imaginaires pour étouffer l’angoisse générée par ce constat.

    Mais la remontrance première du prince lui revint à l’esprit, accompagnée du relent de la honte qu’elle avait ressenti face à la justesse du propos. Bien, elle resterait. Et puis, le prince ne lui avait jamais dit qu’elle ne lui plaisait pas. Et lui, il lui plaisait bien, alors elle ferait ce qu’il faut pour le charmer. Ce petit objectif lui mis du baume au cœur, ensoleillant ses perspectives. Le goût de la vie, voilà ce qui serait son moteur, celui pour lequel chaque instant aurait de la valeur, tant de valeur qu’elle y puiserait la force de se battre.

    A vrai dire, elle y arriva. Et vécut une belle histoire d’amour avec Jo, le prince-peintre-militant, ce qui était, vous l’avouerez, un drôle de mélange.

    Puis elle en vécut une autre, et encore une autre, et plein d’autres belles histoires qui eurent chacune une saveur particulière. Et des combats, et des bonheurs, divers et variés. C’est elle qui m’a raconté ce qui lui était arrivé. Je l’ai rencontrée lors d’une manifestation qu’elle avait contribué à organiser.

    Elle écrit des histoires et des manuels d’Histoire, a maintenant 40 ans et plein de pages à écrire encore, sur le papier comme dans sa vie. Je n’en raconterais pas plus pour préserver son intimité, mais sachez qu’elle est heureuse et entourée d’amour. N’oubliant pas l’étrange aventure qui l’a menée à notre époque, elle remercie régulièrement la sorcière qui l’avait endormie de cette opportunité. De vous à moi, dans cette histoire, la sorcière n’était pas mauvaise. C’était juste une femme qui offrait la possibilité à une autre de vivre une meilleure existence.

    Pourquoi Aurore et pas une autre, ou simplement elle-même ?

    Certains sortilèges ne fonctionnent hélas qu’avec les princesses.

    Question de croyance générale. Et en magie, ça compte.

    Comment je le sais ?

    Je dois vous avouer que j’ai été bien étonnée quand Aurore me conta son histoire car j’en connaissais déjà le début : c’était celle que l’on se transmettait de génération en génération dans ma famille depuis des siècles, celle de la première sorcière de notre lignée, celle qui réussit pour la première fois à maîtriser les forces du temps pour sauver une jeune princesse pleine d’espoir et de rébellion de la tyrannie environnante. La jeune princesse avait interdiction de toucher le rouet, et seul son esprit libre l’avait arrachée à sa triste existence. Car si elle avait obéit aveuglément à la consigne, jamais elle n’aurait pu se libérer de son époque. Même en magie, le libre arbitre ne peut être effacé. C’est par ses choix et par sa curiosité qu’elle s’est sauvée.

    Je précise que, de toute les histoires arrivées jusqu’à nous, aucune n’est vraie.

    Il n’y avait pas de fées, ni de bénédictions variées, mais seule une interdiction générale aux jeunes filles nobles de filer, car le rouet aurait abîmer leurs charmantes mains que les messieurs voulaient douces et immaculées. Le charme aurait fonctionné sur chacune des petites princesses (elles étaient huit, c’était une époque où l’on faisait beaucoup d’enfants. D’où les fins systématiques des contes) mais seule la petite Aurore passa outre. Elle voulait tout connaître, tout essayer, curieuse de la vie.

    C’était un sort simple, né de la volonté de vivre librement, une volonté qui faisait écho à l’esprit du lanceur de sort et de l’ensorcelée. Son sommeil magique plongeait la petite princesse dans une autre dimension, d’où elle ne réapparaissait que tous les cents ans, près d’un prince qui était aussitôt enchanté pour venir la réveiller. Personne d’autre ne pouvait trouver le lit magique (car c’était le lit qui était magique, le rouet n’en était que la clé). Quand au reste du royaume, il ne fut évidemment pas plongé physiquement dans le sommeil comme Aurore, mais, parce que les doctrines avaient pris le pas sur leur réflexion, les habitants sombrèrent dans une période creuse pour l’humanité, tel un sommeil, et c’est ce dont parle la légende.

    Je pense vous avoir raconté tous les détails, il est donc temps pour moi de clore.

    Je ne sais pas trop si j’avais le droit de vous raconter toute cette histoire, c’est pourquoi je ne signerais pas cette missive. Alors, toi qui en a pris connaissance, saches que la décision de la rendre publique ou non t’appartient.

  • Magie, amis imaginaires et secondes vies


    Si je vous disais que j’ai fait apparaître une télé un jour ?

    C’est une histoire qui mérite que je la raconte…

    Intrigués ?

    Je venais d’acheter une console « rétro » pour rejouer au meilleur jeu de tous les temps, Ocarina of time, avec ma meilleure amie (avec qui on a passé des centaines d’heures à le refaire au fil des ans. Oui. Des centaines. D’ailleurs, pour les petits curieux, c’est même lors de ces parties qu’est né le pseudo d’Alfazaya. Ah ! L’étymologie !! Toujours passionnant n’est ce pas…).

    Nous avions rendez-vous chez un ami à nous et espérions brancher la console dans son salon. Mais c’était sans compter qu’il était lui aussi passé au monde des Sans-télé.

    Ô déception ! Cruelle frustration !

    Avais-je déjà trop tenté la chance en trouvant ce jeu, pourtant en édition limitée, le jour même où cette lubie m’avait pris ?

    N’arrivant pas à rentrer dans la conversation tellement je demandais intérieurement à la vie de nous trouver une solution pour la soirée (imaginant dans mon désespoir un voisin venant sonner, à qui je pourrais faire pitié avec mon air de chien battu), je failli refuser de suivre mon amie lorsqu’elle me proposa d’aller à l’épicerie pour trouver de quoi compenser. Chocolat pour elle, une bonne bière belge pour moi.

    C’est à cet instant que j’ai entendu la « petite voix » qui m’incitait à y aller.

    A ce moment là, vous vous demandez sûrement quel est l’état de ma santé mentale.

    Moi aussi sur le coup.

    Mais bon, je décide de l’écouter. Ben ouais, elle me demandait pas non plus de faire la danse du ventre à poils sur la table.

    On sort, on fait quelques mètres et…stupeur….une télé, posée sur un plot, sous la lumière du réverbère. Il y a un tout petit peu de bruine mais elle est sèche, elle vient apparemment d’être sortie. Fébrile et limite étonnées de ne pas entendre un « alléluia » tonitruant, nous prenons notre télé et regagnons le salon. Nos autres amis, stupéfaits et enfin persuadés de nos pouvoirs magiques, ouvrent des yeux comme des soucoupes (on leur avait déjà parler du pouvoir des trois deux, mais ils ne nous prenaient pas au sérieux les bougres!).

    Tadaaaa !

    La télé fonctionne, elle a les bonnes connectiques, tout est parfait. On se délecte toute la soirée, ô joie, ô bonne humeur ! Le lendemain matin…la télé avait rendu l’âme. Ma foi, je n’avais demandé qu’une solution pour la soirée, ça reste cohérent.

    Interloquée mais ébahie, je me demande quand même, et cette fois sérieusement, si la magie n’existerait pas, une sorte de lien, un truc, un signal envoyant ma demande dans les airs et qui aurait été intercepté par quelqu’un près à se débarrasser de sa télé…

    Qui sait ? Plus j’y pense, plus je me dis que peut-être bien. C’est pas plus con que les religions.

    Un autre jour, alors que j’allais faire une saison en restauration à Sarlat, j’emménageais dans un appart vide, où il n’y avait que le lit pliant que l’on m’avait prêté et une étagère laissée par l’ancien locataire. Heureuse de vivre dans cette superbe ville, je descend boire une bière pour fêter ma spartiate arrivée. Après une suite de rencontres joyeuses (les habitants sont très accueillants, c’est incroyable!) je rencontre mon nouveau voisin…qui déménage une semaine après.

    Dommage…mais pas tant ! Il part vivre dans un meublé et se débarrasse de ses meubles ! Parfait ! Une semaine après mon emménagement, j’avais donc tout ce qu’il me fallait, du lit aux chaises, en passant par la table, un peu de déco et même un pot de foie gras (et sa petite bouteille de monbazillac) qu’on lui avait offert alors il n’aimait pas ça.

    Autant vous dire que j’ai vraiment eu l’impression que la ville me souhaitait la bienvenue.

    Lors d’un autre emménagement, je rêvais de trouver une table de chevet avec deux « étages », de manière à ce que ma lampe de chevet ne prenne pas toute la place disponible. Je visualise bien ce que je cherche, je sors pour faire une petite course et…je tombe sur La table parfaite qui venait sûrement d’être sortie (au vue de la très fine couche de neige) par son ancien propriétaire et mise au rebut. Les pieds étaient légèrement à raboter mais elle était en superbe état, d’ailleurs je l’ai toujours.

    C’est un ensemble de petites choses comme ça qui a fini par m’aider à avoir du détachement pour les choses matérielles.

    J’ai très souvent donné tous mes meubles (parfois même des appareils électroménagers) lorsque je quittais un endroit, et en retour j’ai toujours trouvé ce dont j’avais besoin au moment opportun. J’ai plein de petits exemples comme ça !

    Allez, un petit dernier parce que c’est vous !

    J’avais besoin de nouveau pantalons. Vraiment besoin, et, comme souvent, plus un rond. Mais là, vraiment plus. Genre 13 euros pour finir le mois…qui dure encore plus d’une semaine.

    Petit message à la vie, pif paf je sors, ding dong bonjour c’est « la petite voix ». Résumé de cette conversation (oui, j’ai pas trouvé d’autre mot. Conversation, avec moi même ou la vie, ma folie ou la magie, mais de toute façon c’est une image qui me fait marrer!) :

    « Salut, paraît que tu cherches des futals ? »

    « ouais » (ça c’est moi en mode blasée-mais-qui-me-parle)

    « va fouiller le sac poubelle »

    « nan » (il y a bien un sac près du tri de verre, mais qui ressemble à n’importe quelle poubelle)

    « va fouiller le sac poubelle »

    « nan, c’est dégueu » (mais je m’approche quand même et vois qu’en fait non, c’est propre, c’est un sac qui emballe un sac qui en emballe un autre, des poupées russes en plastique noir.)

    « VA FOUILLER LE SAC POUBELLE ! »

    « mais y’a plein de gens !! La honte ! » (mais, étant totalement dépourvue de volonté je commence à l’ouvrir discrètement…)

    Wouaouw !!! Ca, c’est les fringues quasi-neuves de quelqu’un qui a perdu du poids et du coup refait sa garde-robe, ça sent encore bon la lessive, tout est repassé, à ma taille (petit et large, cqfd) et surtout…totalement mon style !! Des pattes d’eph, des pantalons noirs et classes, et de quoi randonner. Sept pantalons de rêve!! Incroyable. Oublié ce relent de honte en fouillant les poubelles, je rentre triomphalement chez moi, mes trouvailles sous le bras. Un petit tour à la machine quand même et hop ! Pantalons en bon état : check!!

    Le plus dur dans tout cela c’est ce que l’on s’inflige soi-même. Ce petit côté « c’est des ordures », alors qu’on aurait trouvé la même chose en friperie. D’ailleurs, même la friperie, c’est passé de l’étiquette « pauvre » à l’étiquette « bobo », ce qui est un tout petit peu embêtant question flambée des prix !

    Bref, je digresse.

    Alors que la récup, c’est tout bénef ! Ca arrange celui qui récupère, celui qui s’en débarrasse, c’est écologique, c’est plein de surprises !

    Il y en aura qui, me lisant, ne pourront s’empêcher de trembler de dégoût, trouvant cela sale, et je les comprend. J’ai pris beaucoup de temps à déconstruire mes limites mentales, me demandant éternellement « pourquoi je pense ça », afin accepter de sortir du système « achats » obligatoire.

    Faut pas croire ! J’ai aussi dépensé des fortunes à une autre époque pour meubler mes apparts ! J’étais une grande fan des magasins de meubles, particulièrement ceux qui servent des biscuits scandinaves à la sortie. C’est un peu comme un parc d’attraction dans lequel tu joues à te vautrer dans tous les lits et les fauteuils en t’imaginant chez toi.

    Et il y en aura qui se diront que oui, franchement, cette fille est folle.

    Hmmmm.

    Peut-être bien. Mais, franchement aussi, vu ce que le monde devient, je me demande plutôt si je ne serais pas plutôt en voie de guérison. Parce que vu d’ici, c’est le monde qui paraît fou.

    Mais la « petite voix » est pleine de bienveillance, et dans un monde de magie, on appellerait peut-être ça un familier. Elle serait incarnée, dans un grand hibou géant, assez grand pour me porter mais capable de se mettre en « format poche » en cas de besoin. Simple, logique et discret.

    Comme moi.

  • Illustration de la rubrique « cuisine »

    Pas la peine de chercher des recettes précises sur mon blog, ce n’est pas le but! Mais cela dit, étant donné que très souvent mes amis veulent repartir avec la recette et que je cuisine complètement à l’instinct, que mes amis ne sont pas très souvent férus de cuisine, pour leur faire plaisir, je publierais ici les petites astuces, les petites recettes qui n’en sont pas, bref, la cuisine comme je la fais, sans mesures précises ni indications précises. Je n’ai pas la prétention de faire un blog culinaire, loin de là, mais ça me permettra d’arrêter d’envoyer des sms à chaque personne qui me demande « comment tu avais fait ça? »

    Ou plutôt ça me permettra de leur envoyer un sms court du genre « va voir sur mon blog ».

    Tellement plus reposant.

    Alors pour commencer, on va pas s’embêter, du facile, du facile, du facile!!

    Alors, je vais vous parler asperges. C’est pas l’époque, je sais. Ce que vous êtes chipoteurs.

    Asperges et sauce soja

    Pour moi, la meilleure cuisson pour les asperges vertes, c’est directement à la poêle, sur feu moyen. Avec un filet d’huile d’olive et de la sauce soja. Coupées en tronçons, on met bien-sûr les têtes un petit peu plus tard que le reste. Pas de cuisson vapeur ou à l’eau, elles sont grillées, croquantes mais cuites, et la sauce soja se marrie tellement bien avec leur goût!! J’ai convaincu plus d’une personne qui « n’aimait pas les asperges » avec ce mode de cuisson! Il faut juste penser a les remuer de temps en temps, jusqu’au moment où elles paraissent « caramélisées », et bien sûr couvrir la poêle, ce qui fera l’effet « vapeur » pour accélérer la cuisson. Si ça accroche, c’est que le feu est trop fort, alors on descend la température et on rajoute un trèèèèès leger fond d’eau en attendant.

    Houmouge

    Et pour faire honneur a la photo, je passe vite fait sur l’houmouge. Un houmous aux haricots rouges. Très simple, il suffit de mixer une boîte de haricots rouges avec un oignon (rouge si possible!) et le jus d’un ou deux citrons verts (selon la taille de la boîte et de son goût personnel évidemment!). On rajoute des épices type « mexicaines » (paprika, ail, cumin, piment…) et le tour est joué!
    Pas la peine de rajouter trop de liquides, le haricot rouge mixé n’est pas aussi « compact » que des pois chiches par exemple. Encore une fois simple, économique, mais toujours efficace pour un apéro dinatoire par exemple!

    Voilà, voilà! Une recette pleine de soleil, accompagnée de radis, de pois, d’une salade de concombre-pommes, bref, tout ce qu’il faut pour un mois de janvier. En juillet je vous parlerais peut-être de la choucroute, histoire de continuer à être à côté de la plaque…de cuisson.

    Ha ha.

    Je sais. Je suis hilarante.

  • Blanche comme un pigeon.

    Saviez-vous qu’en 1851 « les enfants de douze à seize ans pouvaient être employés dans les usines à feu continu dans la mesure où leur durée de travail n’excédait pas douze heures pour chaque vingt-quatre heures »?

    Et qu’en matière de droit conjugal, à la même époque, « dans le cas d’adultère, prévu par l’article 336, le meurtre commis par l’époux sur son épouse, ainsi que sur le complice, à l’instant où il les surprend en flagrant délit dans la maison conjugale, est excusable »

    Charmant n’est-ce pas?

    Pourquoi vous dis-je ça?

    Parce que ma nouvelle marotte historique a encore frappé, et toujours par l’intermédiaire d’un roman d’Hervé Jubert, ici le premier tome de la série « Blanche ».

    J’apprécie encore une fois la réflexion sociologique sous-jacente, dans la conscience même des personnages, comme lorsque l’héroïne exprime sa reconnaissance à la vie d’être née dans une famille aisée, ne les obligeant pas, elle et ses soeurs, a travailler à l’usine dans ces conditions effroyables.

    Dans la même lignée que Morgenstern, nous avons ici des personnages non-manichéens, qui peuvent nous surprendre d’une minute à l’autre. Pour n’en citer aucun, un de mes personnages favoris, vers la fin de l’histoire, m’intriguait tellement que je l’ai googlisé (oui, ceci est un verbe…Un vrai…Je….Pfffff…), et oh surprise…il existait. Et si je m’attendais à ça!! Mais pas de spoil, vous n’aurez qu’à le découvrir par vous-même…ou non!

    Pas de fantastique ici, mais des enquêtes criminelles dans le décor époustouflant d’un Paris assiégé par les Prussiens, dans la réalité quotidienne qu’ils subissaient. Comme les problèmes d’approvisionnement qui menèrent les citadins à manger leurs chevaux, et même, dans de dérangeants repas pour nantis, les animaux du zoo. Pauvres Castor et Pollux!

    Pour ne pas perdre le contact avec leurs familles parties se réfugier à la campagne, les assiégés rivalisaient d’ingéniosité. Ce n’est pas pour rien qu’un des personnages principaux est un pigeon… Et que maintenant, dès que je vois une montgolfière, je repense aux ballons des résistants et à une des scènes les plus marquantes du roman, où Blanche observe du ciel les armées prussiennes massées aux abords de la ville et ses alentours, brûlés, éventrés.

    Une Blanche forte et déterminée qui, bien que coincée dans cette guerre, continue comme tous les Parisiens à essayer de mener une vie normale. Cette volonté de faire la fête dans l’épreuve rend cette description du siège encore plus forte. On y est, on respire avec eux, on a peur, mais on prend sur soi car la vie continue malgré tout.

    Une Blanche qui donne aussi son temps pour soigner les soldats blessés, dans les ambulances improvisées (la version d’époque hein, pas celle avec des roues et un gyrophare. Je vous vois venir bande de petits malins), souhaitant devenir médecin…alors même qu’elle est une femme et que cela lui est donc impossible. Tristesse de cette sombre époque où le genre primait sur le coeur (c’est vrai que c’est important de connaitre le contenu de la culotte de chacun pour savoir que faire de l’humain en face…) Heureusement que Blanche, du haut de ses 17 ans ne se laisse pas conter: c’est même elle qui a inventé le batsignal.

    J’aime finir sur une mignonnerie, et en plus, celle là vous sera utile lors de votre lecture de Blanche. Voilà donc, pour conclure, une photo de lérot.

    dit aussi loir des greniers, si, si, ça vous sera utile!
  • LE Livre qui a propulsé Hervé Jubert dans mon top 3 (aux côtés de Tolkien et Bottero)

    Jamais.

    Jamais je n’aurais pensé écrire quoique ce soit en rapport avec mes lectures. Je dévore des tonnes de bouquins mais je ne ressens absolument pas le besoin d’en parler.

    Puis Ce livre est arrivé. Rien que sur son étagère, avant de le lire, il me faisait de l’oeil, avec sa couverture d’un rouge profond, aux allures steampunk, rehaussée par d’éblouissantes pages dorées. Je pense que c’est ce que l’on appelle un coup de foudre.

    C’est du fantastique, de la science-fiction, du policier, de l’historique, de l’humour, du philosophique!! C’est « La trilogie Morgenstern », d’Hervé Jubert.

    L’héroïne est une flamboyante cinquantenaire, ronde et charmante, enquêtrice dans un futur post-apocalyptique où les eaux ont recouvert la majeure partie du globe. C’est aussi une sorcière, et ça, c’est classe.

    Société sans crimes, car l’humanité est surveillée par des traceurs d’adn qui officient partout, sauf dans les « villes historiques », reproduction de grandes villes du passé où tout le monde vit selon les moeurs d’antan lors de son séjour. C’est ainsi qu’on se retrouve à vagabonder d’époque en époque, et croyez moi, Hervé Jubert sait nous faire plonger dans le voyage. Comme dans mes plus beaux moments de lecture de jeunesse, les images fusaient dans mon esprit.

    Les plongées historiques dans lesquelles nous sommes embarqués m’ont tellement inspirée que je passais mon temps à me documenter sur le contexte pour mieux saisir toutes les implications, mieux comprendre toutes les références. Et il y en a! Je suis devenue incollable sur la tour de Londres et le peintre Carpaccio. ( bon ok…soyons honnête. Moins ignare.)

    Ce n’est pas qu’une simple histoire, c’est aussi une sacrée analyse humaine et sociale, de l’écologie à l’intolérance, des manigances politiques à la manipulation de l’opinion publique, et tout simplement des émotions en général.

    Le premier tome est séparé en quatre parties: quatre enquêtes, dans quatre villes, dans quatre époques. Pas le temps de s’ennuyer, ces quatre petits dénouements satisfont notre impatience, tandis que se trame une histoire plus vaste autour de nous.

    Jouissif.

    Voyage schizophrène où l’on croise étudiants en sorcellerie, pirates, gitans, voyage sur la lune, médecin légiste, nounours ninja, cloches de pâques rebelles, avocat du diable (au sens propre), la série Urgences (opérations sur stagiaire, adn, locus et sorcellerie), des opératrices du téléphone, et pour finir, des villes entières immergées sous les mers, sensation abyssale d’horreur face à l’image de litres d’eau envahissant nos lieux de vie.

    Pour finir, une citation de ce livre qui m’a poussé à écrire sur lui:

    Elle l’avait abandonné là, faisant croire qu’un chien de l’Espace s’était déchargé là d’une cargaison encombrante.

    Oui, parmi toutes les phrases ce (gros) bouquin, c’est celle-là que j’ai choisi.

  • L’effet boule de neige (full album & textes)

    Premier album d’Alfazaya, enfin les paroles! 🙂 A partir de « Genèse », c’est l’histoire de la vie telle que je voulais la décrire, sur cinq « âges » différents. Bonne écoute!

    Répondeur: fuis moi je te suis, suis moi je te fuis et tel est pris qui croyait prendre!
    Absolution: chanson sur la tolérance
    Genèse: l’enfance, un paradis? Nan, je ne crois pas nan…
    Ados attardés: l’adolescence, personne ne te comprend alors que tout le monde y est passé.
    Adulescence: cette période où la société te dit « adulte » alors que toi tu sais bien que non…
    Simplement là: la maternité (parce que c’est quand même une sacrée transition!)
    La vie est un jeu: la « vieillesse », que tout le monde espère atteindre tout en la craignant!

    Répondeur

    Dites moi pourquoi, il joue ce jeu là, 
    me courant après...loin devant moi.
    On me répondra, les gars sont comme ça,
    repart en arrière il reviendra
    Il vient discuter sans même te parler,
    Il vient t'observer sans même regarder!
    Doit-on préciser, qu'il vient s'épancher...sur mon répondeur...

    Vous avez trois nouveaux messages!
    C'te blague...
    J'voudrais bien comprendre toute cette histoire...

    Comme tous les garçons, je le trouve mignon,
    ça ne lui suffit pas il veut être le roi.
    Quand je lève les yeux, sur ces faux-airs de dieu,
    satisfait il part sans se retourner.
    Suffisant égo un peu démago,
    ou p'tit coeur en fleur tout rempli de peurs
    Moi dans cette histoire, tout ce que je vois ce soir
    C'est que j'ai passé ma soirée sur mon répondeur...

    Vous n'avez pas de nouveaux messages...
    C'te blague...
    J'me suis laissée noyée dans cette histoire...

    Heureusement pour moi, un autre p'tit gars sympa,
    est passé par là, je crois qu'il me plaira
    Quand le premier a vu ça, il est revenu vers moi,
    désolée pour toi je joue pas à ce jeu là!
    Mon nouveau héros, une fois bien en place,
    il est si accro que moi je m'en lasse,
    je suis désolée, je vais m'en aller,
    et ce soir, je coupe mon répondeur!

    Bip, bip, bip!!
    C'te blague!!!
    Maintenant j'arrête toutes les histoires...



    Absolution

    On passait dans les ombres, d'un passé silencieux, 
    En volant vainement dans les voûtes vivantes
    D'hérétiques vérités, vaincues par l'avènement
    De séniles servitudes, certitudes assez viles

    Cherchant l'absolution, à ce suivi sectaire,
    On ne voit, ni ne veut de nouveau la voie ivre
    De bétails bien bêlant, et bêtement broutant,
    Des paroles pourrissantes qui pourtant les emportent.

    Tant de bruit résonnance, tant de vide intérieur,
    Tiraillés, entraînés, étouffés, enchaînés,
    La personne hors la loi, la pensée obsolète
    On se noit, trop de poids, dans la nuit ingénue.

    Genèse

    Souvent tous les grands me disent bien gentiment,
    je te parle simplement j'espère que tu me comprends?
    Ecoutes tu tes parents obéis tu sagement?
    Dis moi ce qu'on ressent lorsqu'on est encore enfant?

    Alors je réfléchis...
    Alors je réfléchis et je leur dit...

    C'est l'étymologie de qui je suis, et la genèse de ma jeunesse
    Depuis que l'on est, on n'est ce que l'on nait,
    mais enfin on le devient au fil de lendemains.

    Quand on est petit, tout le monde nous envie,
    Fais pas ci, fais pas ça,
    C'est pour ton bien qu'on le dit,
    Tu parles d'une vie, c'est pas bientôt fini?
    Tout le monde en rit mais moi j'vous l'dit, ça m'ennuit.
    Je ne vois pas ce qu'on envie dans cette vie.

    Une bonne éducation se passe d'instructions
    C'est l'expérimentation qui me sert d'initiation
    Toutes mes grandes révélations se sont faites dans l'observation
    Elle me sert de formation pour découvrir toute mes passions.

    Je ne vois pas ce que l'on envie dans cette vie.

    C'est l'étymologie de qui je suis, et la genèse de ma jeunesse
    Depuis que l'on est, on n'est ce que l'on nait,
    mais enfin on le devient au fil de lendemains.

    Ados attardés

    Quand je suis fatiguée, je regarde la télé,
    une fausse réalité que l'on voudrait cliquer.
    Ces clichés erronés, m'aident à réaliser,
    Pourquoi vous croyez que les ados sont attardés

    "Quand il m'a dit ça j'étais morte de rire"
    "T'étais quoi?"
    "MDR!"
    "Ah okaaaay!! LOL"

    Sachez que mes journées ont de quoi terrifier
    Je ne peux avouer que j'aime mes poupées,
    que j'aimerais y jouer, toute la matinée
    Que dans mes soirées, j'ai besoin de libertés
    Pour étoffer ce qu'est ma propre réalité
    Et dévoiler enfin ma personnalité

    Quand je pense à demain, ça me paraît lointain,
    Des journées bien remplies, les nuits comme seul répit
    Je voudrais m'affranchir, mais je ne suis pas timbrée,
    J'ai encore besoin de mes parents pour bouffer.

    "Si tu as besoin de parler ma chérie, je suis là"
    "M'an, j'peux me débrouiller toute seule"
    "Bon, si t'as plus besoin d'moi alors..."
    "Mais si ma p'tite maman! T'as pas dix euros?"

    J'me sens comme un mutant, je m'amuse de ma mue,
    L'avenir va venir, vivre pour devenir,
    M'éloigner du présent ce grand questionnement
    Mon plus beau présent, est mon rêve d'avenir,
    Un futur d'envergure, qui me rendra plus mûr,
    Où je pourrais tout faire sans demander ma mère

    Tout le monde qu'amour, ça rime avec toujours
    Moi j'préfère essayer, j'aime la diversité,
    Pourquoi s'précipiter, c'est tellement amusant,
    D'laisser péricliter, ces sentiments naissants.

    Adulescence

    Peu importe, mon nom et ma fonction, ne dit-on pas que, les actions font l'humain.
    J'ai toujours bien, suivi mon chemin, j'ai tout réussi, les études, les amis,
    Continuité, des choix de mon passé, je déroule le fil du temps,
    n'attendant guère de présents dans l'avenir mais espérant tant
    Ce seul espoir étant de croire.

    On me nomme, adulte mais c'est l'essence de mon enfance, qui guide mes espérances,
    Adulescence, arborescence des sens qui me décrivent des racines à la cime,
    Intensité, je retiens mes instincts et tentant l'instant si fort
    J'ai du abandonner, frivolité volée à mon destin,
    Je ne fais qu'écrire mon histoire.

    Silence, absence, comment s'écouter,
    Je ne fais qu'entendre les autres crier,
    La seule présence, en moi désirée,
    Se rappeler qu'elles étaient mes idées.
    Sur ce sommet, j'dois avouer qu'j'me suis trompée,
    J'veux pas rester là, perchée pour l'éternité.

    Je vis, je vais et je viens, oh oui, je vis, de tout petits rien,
    Je ne veux que des lendemains nimbés de ce qui me convient,
    Juste être bien.

    Si mutine, je butine les ardeurs d'amants d'agrément, goûter le changement
    Je m'envole chercher un lieu aimé, pouvoir y rester, y voir le temps passer
    Mais pour l'insant, je me laisse emportée, toujours plus haut dans le ciel
    Toile aux milles reflets d'une même réalité qui s'était cachée,
    Un regard sur un monde miroir.

    Je ressens, la caresse du vent qui me murmure, doucement un futur,
    Illuminé, de saveurs enivrantes loin des coutumes qui leurraient mes attentes
    La liberté de pouvoir essayer, pouvoir se tromper, si beau
    De s'envoler seule dans le noir sans savoir où conduit le soir,
    Avec comme seul espoir de voir...

    Simplement là

    Fini les faux-fuyants, c'est mon plus grand tournant,
    Responsable réflexion, c'est la plus belle des remise en question
    Tant de générations, véritable communion
    La concrétisation, la transmission d'innombrables leçons

    Une réalité s'est ancrée, j'ai trouvé la place que j'avais tant cherché,
    Tout au fond de mon être, un monde se construit, un nouveau maillon
    Retenu à la mer par une chaîne ancestrale, une chaîne matrimoniale,
    Témoin contemporain d'une mémoire,
    Continuité d'usage, infinité des âges.

    Tout mon être ne peut s'empêcher, de trembler angoissé lors de tes essais
    Simplement là l'amour rugit
    Simplement là la vie surgit
    J'peux pas m'empêcher d'chavirer quand il sourit,
    J'me suis vue m'regarder dans son p'tit air étonné,
    Simplement là la magie agit,
    Simplement là la vie sourit
    Simplement là et j'ai tout compris.

    La vie est un jeu

    Ces mirages erronées résonnaient d'un passé
    Trépassé, terrifiant, effacés par le temps
    Terrassé par ce fait, que j'n'avais pas assez fait
    Par des rêves oubliés jamais réalisés...

    Mais enfin j'décidais d'enfin me réveiller,
    M'laisser réaliser tout c'que j'avais d'jà fait,
    Que l'on ne peut rêver que pour mieux avancer
    Mais si l'on a tout fait de quoi peut-on rêver?

    Et puis tout bien réfléchi, j'avais tellement d'envies,
    Elles qui m'ont gardé en vie
    Tout mes instants jusqu'à présent ont été bien remplis
    Tant de leçons de vie, elle m'a surtout appris qu'rien n'est jamais fini
    Aujourd'hui je peux vous dire, qu'il ne faut pas la maudire.

    Car la vie est la vie, et la vie est seulement un jeu
    Ou la vie laisse la vieillesse enfin affirmer le "je".

    Apprécier qui l'on est c'est c'est vivre en sachant rire
    Aux éclats quand on est triste à n'en plus sourire
    Et pleurer doucement quand on est très contents,
    Pour les autres, pour tout ceux, qui ne vivent pas heureux

    J'ai su vivre le présent sans pensées à venir,
    Préparer l'avenir sans gâché mes instants,
    Les soucis sont passés et se sont envolés,
    Je me laisse porter par le vent comme un enfant...

    J'ai joué avec le temps, une cascade éclaircie,
    La pluie me tombe des yeux
    Mes souvenirs, mon avenir,
    C'est l'histoire de ma vie, elle ne sera finie
    Que le jour où j'aurais clôturé cette partie.

    Car la vie est la vie, et la vie est seulement un jeu
    Ou la vie laisse la vieillesse enfin affirmer le "je".

  • Les dessous de l’affaire du lièvre et de la tortue.


    Tout le monde connaît l’histoire du lièvre et de la tortue.

    Pourtant, personne ne s’est vraiment intéressé aux dessous de l’affaire. Car, soit, la tortue a gagné son pari, mais en dehors de la gloire éphémère auréolant sa victoire, que lui reste-t-il ?

    Bien que l’histoire raconte que notre ami le lièvre s’est contenté de faire la sieste durant son parcours, la réalité est tout autre.

    Il a effectivement commencé par faire un petit somme, sortant d’une nuit blanche où il avait bien profité de la vie, au dépend de sa course du lendemain. Il avait toujours privilégié ses amis aux manifestations populaires visant à prouver sa valeur aux yeux des autres. Il n’avait d’ailleurs accepté de faire la course contre la tortue que parce qu’il la savait importante pour elle.

    Lorsque la tortue dépassa le lièvre somnolant contre son arbre, elle en a conclu qu’il n’avait fait que dormir au lieu de prendre cette épreuve au sérieux. Redoublant d’efforts, elle jubilait d’avance à l’idée de pouvoir clouer le clapet de ce pseudo lapin que tout le monde trouvait alors si génial. Car la tortue était un être frustré, qui ne rêvait que de choses inaccessibles au lieu d’essayer de cultiver ses propres points forts. La vitesse la faisait fantasmer. Elle ne se rendait même pas compte à quel point le lièvre l’enviait d’avoir tout le temps sa maison sur le dos. Le lièvre, voiture de course de la forêt, admirait la tortue-camping-car qui pouvait aller où elle le souhaitait sans se soucier des intempéries. Car son rêve à lui, c’était de faire le tour du monde.

    Mais hélas, cette petite tortue ne rêvait que de prouver au monde entier qu’elle n’était pas la lente bestiole que tout le monde s’obstinait a voir en elle. Bien-sûr, elle n’était que le reflet de ce que ces petits camarades moqueurs avaient fait d’elle. Alors qu’elle aurait pu, si l’on avait mis ses vertus en avant, devenir, par exemple, la plus grande globe-trotter au monde. Mais elle restait bloquée sur l’humiliation qu’elle avait cru vivre lorsque, au collège des ptites bestioles, les autres élèves se moquaient de ses performances en sport.

    Bien que la plupart des adultes se rendent compte avec la maturité que l’on est ridicule que lorsque l’on s’inquiète du regard des autres, et que ces regards méprisants viennent toujours des personnes les plus fragiles (et qui du coup se forgent une carapace de grande gueule parce qu’au fond, ils sont vides), la tortue, elle souffrait encore de ce passé pourtant révolu.

    Notre bon lièvre ne supportait pas de voir la tortue être triste, et se décida à faire son somme, afin de laisser son amie prendre de l’avance. Se réveillant, il croisa la route de leur ami le mouflon, avec qui il but un petit verre, échangeant plaisanteries et renforçant par cela leur lien d’amitié. Prêt à repartir, il fit cependant un petit détour par la vallée afin d’amener à la fiancée de notre mouflon un gage d’amour, car il se savait plus rapide que monsieur mouflon qui avait encore fort à faire. En chemin, il aida la vieille madame Hibou a remonter ses courses, puis fini par craquer sur une boule de glace sur son chemin, tant il faisait chaud et qu’il savait que la toute nouvelle boutique de Mademoiselle Ecureuil peinait à trouver client.

    Le temps qu’il revienne dans la course, il vit son amie la tortue prête à passer, étonnée, la ligne d’arrivée.

    Ne voulant froisser cette dernière, il se précipita sous l’arbre où il avait fait un petit somme afin de s’y recoucher, faisant croire à celle qui voulait être son adversaire qu’il n’était qu’un fieffé prétentieux qui l’avait sous-estimée.

    Cela fait maintenant des jours que la tortue se targue de sa victoire, et d’ailleurs, tout le monde l’évite dans la rue pour ne plus l’entendre jacasser. Pendant ce temps, notre petit lièvre voit ses amis, mange chez madame Hibou qui l’a invité pour le remercier, et finit tous ses repas par une délicieuse boule de glace, souvent offerte par celle qui depuis avait pignon sur rue. Alors encore une fois, qui dans cette histoire y a le plus gagné ?

    Le lièvre, toujours volontaire pour faire un tour du monde, s’inspira de la tortue et se fabriqua une carapace-maison, qu’il emmena à travers les pays, heureux de réaliser ses rêves. Il avait beau être doué pour la vitesse, il n’en avait cure. Il ne l’utilisait que lorsqu’elle lui permettait d’aider autrui.

    La tortue, quand elle vit cela, comprit enfin à quel point son obsession l’avait coupé de ses désirs. Elle avait plein d’autres rêves qu’elle avait occulté. Depuis, elle a ouvert une boutique de plongée sous-marine et se régale au fond des océans à faire des courses de vitesse armée de ses palmes.

    Et vous savez quoi ?

    Dans ce milieu aquatique, ça lui est même arrivé de gagner parfois.

    Et pour de vrai cette fois.

  • Images, nuages

     
    Que vois-je au travers de ces gros nuages ?
    Que vois-je quand ils me jouent leurs milles images ?
    Dans un sursaut, dans un élan, très lentement,
    En s'étirant, en reculant, subitement,
    Un regard fronce quand les yeux foncent, et je m'enfonce,
    Langueur, longueur, la peur me tance mais je me lance.


    Que vois-je au travers de ces milles nuages ?
    Que vois-je quand ils me jouent tout ces visages ?
    Tant de chemins, de lendemains, quel est le mien ?
    Il n'y a rien, qui se souvient de ce que l'on devient ?
    Espoir qui passe et me fracasse, j'en suis si lasse.
    Désir, sourire et puis, au pire, restent les soupirs.
  • La suite cachée de l’histoire des trois petits cochons.


    Après avoir cassé la gueule au loup à coups de batte pour se venger après qu’il ait détruit leur p’tites cabanes en leur soufflant dessus, les trois frérots repartirent chez le 3ème frère, celui à la maison en pierre. Ils s’ouvrirent un bon pack de bière et se saoulèrent à la « santé » du loup (qui en avait bien besoin, vu son état).

    Ils continuèrent à faire la fête durant sept jours.

    Et alors qu’ils faisaient des aller-retour entre la maison et la borne de tri du verre (celle au coin de la forêt, qu’ils remplirent bien avant d’avoir fini de vider leurs sacs), le frère de la maison en pierre (que nous appelleront pour l’occasion Pierrot) réussi à leur cracher à la gueule ce qu’il avait sur le cœur depuis quelques jours. Après leur avoir vomi dessus, il se sentait bien moins nauséeux et leur dit : « ce serait bien que vous alliez fabriquer votre propre maison hein. Parce que bon, ce qui est à moi n’est pas à vous. Hein.Bande de hippies. Allez squatter ailleurs »

    Et après un dernier vomi, il rentra fissa roupiller chez lui.

    L’histoire aurait pu s’arrêter là, chacun se mettant à faire sa maison et vivant en (plus ou moins) bon voisinage.

    Mais le deuxième frère, celui à la maison en bois, (que nous appelleront donc Boris) se disait que franchement, sa cabane forestière était quand même bien plus jolie que le carré de pierre de son frère, qui faisait franchement tache dans le paysage. Il se sentait proche de la nature, et voulait que sa maison s’y intègre harmonieusement. Il décida donc de s’établir dans un arbre (comme cela le loup aura plus de mal à s’en approcher) ; et cette fois-ci, il l’a fit solide et souple. Tel le roseau, sa maison pliera, mais ne rompra pas.

    Quand au troisième frère, qui avait fait sa maison en paille (que je renomme donc Papaye. C’est un très joli prénom), il avait la bougeotte, et il espérait bien réitérer ses expériences de maison en paille, en les mélangeant avec d’autres ingrédients. Il avait eu cette idée en voyant le tas de paille sur lequel Pierrot avait du vomir en rentrant chez lui quelques soirs auparavant.En voulant nettoyer, il avait constaté que l’amas de paille était un peu plus dur. Une maison en vomi ne le tentant pas trop, il fit d’autres expériences, jusqu’à trouver une matière qui lui permit de faire une structure facile a utiliser. Ca prenait du temps a sécher, mais finalement, c’était solide. Il venait d’inventer la maison écologique. Bien isolée, et solide, il était fier de lui.

    Ils firent une première crémaillère (pour la cabane dans l’arbre de Boris) où par miracle personne ne se vautra tête la première 3 mètres plus bas (ils se vautraient sur les fesses, tout va bien merci).

    Puis, quand ils furent certains qu’ils ne supporteraient plus de boire une goutte, ils firent une deuxième crémaillère (dans la maison en paille et chaux) et continuèrent leur beuverie quand même. Ce fut l’occasion de tester la solidité de la maison, les cochons titubant non-stop et voyant triple (ce qui faisait quand même 9 cochons dans la même pièce) fonçaient régulièrement sur ce qu’ils croyaient être la porte, mais qui était simplement un mur. Ils réussirent à sortir de là au bout de trois jours, parce qu’ils avaient épuisé leurs réserves de boisson et recommençaient à pouvoir faire le point.

    Joie, bonne humeur, sommeil.

    Pierrot s’endormit à même le sol devant la maison de Papaye, qui, gentil, lui fit un toit avec une vieille chemise et un bâton. Après un coma de trois heures plus ou moins à l’abri, il put rentrer chez lui. Les neuf petits cochons redevenus trois avaient enfin regagné chacun sa maison et ils n’en sortirent pas de la semaine pour se remettre de leur émotions imbibées.

    C’était bien beau, mais Papaye avait très envie de voyager, et pour cela, il devait trouver une maison qu’il pourrait facilement remonter tous les soirs pour se reposer de son périple à l’abri du loup. Inspiré du toit en chemise qu’il avait réalisé pour son frère, il inventa la première tente de l’univers.

    Puis, décidant que ce n’était pas assez spacieux, il l’agrandit.

    Ce fut la naissance de la première yourte.

    Il voyagea pendant quelques années tout seul, mais n’arriva jamais à convaincre ses frères de l’accompagner. Pierrot trouvait sa yourte trop fragile, Boris qu’elle n’était pas assez haut perchée. Evidemment, après une semaine de retrouvailles comme toujours arrosée, ils se concertèrent pour créer leur nouvelle maisons portable, solide et perchée.

    Cet été là, ils ont tout inventé : la bulle accrochée dans les arbres, la caravane, la tiny house, et même le hamac, qui leur fut très utile pour se reposer de leurs crémaillères (une par invention, y compris celle du hamac) à l’abri du loup mais au frais, vu la chaleur torride.

    La fin de cette histoire ?

    Ils engagèrent le loup comme commercial (le porte à porte fut un peu compliqué pour lui au départ, pas facile de se débarrasser de réflexes à la con comme celui de souffler sur la maison au lieu de sonner), tout ce beau petit monde devint riche, et ils firent plein de crémaillères, même sans raison. Le loup était content parce qu’il n’avait plus besoin de trouver sa nourriture, il pouvait aller au resto tous les jours, ça faisait parti des avantages en nature de son travail. Nourri, logé et (finalement) amical avec les cochons, il s’était domestiqué.

    L’histoire finit ainsi : les trois petits cochons venaient d’inventer le chien.