Torture, sectarisme et temps libre.


« Si tu travaillais toute la semaine, tu n’aurais pas le temps de penser aux problèmes du monde, le soir quand tu rentrerais, tu aurais juste envie de te détendre. De toute façon, ces problèmes ne te regardent pas, laisse ça à d’autres ».

C’est lorsqu’un proche m’a dit cela que j’ai vraiment compris cette croyance bien ancrée : il suffit de se laisser porter par les choix des « plus grands ». Que seul le ticket de loterie glissé ponctuellement dans une urne leur assure de faire partie des choix d’avenir, d’être acteur du changement. Et puis le reste du temps, n’y pensez pas mes bons, on s’occupe de tout ! Déchargez vous de ce poids qu’est la réalité.

Travaillez plus, pensez moins.

Laisser une minorité décider pour la majorité, sous couvert de représentation du peuple (tronquée par les abus mus par l’appât-argent) c’est laisser cette minorité choisir un monde à leur avantage.

Comment ?

Serais-je audacieuse ou fantasque en parlant de lavage de cerveau ?

Allez, je me lance !

On pousse chacun a chercher le pouvoir pour justifier ce système politique.

Pour que le peuple ne se sente pas dupé, se créent plein de postes où chacun peut avoir un peu plus de pouvoir sur les autres, pour avoir l’impression d’évoluer, d’avoir un but à rechercher. Une quête née d’images véhiculées par les divertissements nombreux et variés.

Divertissements chronophages au détriment de la recherche de solutions équitables.

Notre serpent se mord la queue. (citoyens anthropophages vous avez dit?)

Le peuple est tranquillisé, il peut rejeter sa frustration sur un subalterne : il n’est pas tant à plaindre que cela, finalement, ces contraintes, c’est pas si important, on s’adapte comme on peut !

Les gens qui ont « réussi » l’ont bien mérité, (quitte à marcher sur quelques têtes) ils ont « gagné leur place au soleil » c’est pas facile, tout le monde ne peut pas y arriver, quel exemple !

Ouais, donc en gros t’es ok pour que les gros cons dominent le monde…

Heureusement qu’il existe des gens qui s’occupent à sa place des divers problèmes que le monde a l’air de générer, parce que lui n’a ni le temps ni l’envie de se faire mal en y pensant.

Parce qu’être lucide n’a jamais rendu la vie plus facile.

Ce qui explique la popularité des sectes et autres systèmes de croyance dogmatiques.

Plus pervers encore, il croit qu’il n’en est pas capable, qu’il n’a pas la possibilité de faire quelque chose de lui-même.

Depuis notre plus tendre enfance, on nous pousse à écouter les autres sans développer notre propre point de vue, cette fameuse liberté d’opinion qui nous est pourtant si chère.

Difficile quand on a pris l’habitude d’écouter ce que nos éducateurs (« maîtres et maîtresses », parents et autres « grands ») nous disent, de croire en leur parole comme une vérité absolue, de taire nos propres besoins et envies. Le chemin de l’enfance ne laisse hélas pas assez de place à l’individu, aux divers sons de cloches existants dans l’univers.

Lorsque, petits, nous réfléchissons à ce que nous disent les adultes, bien souvent l’inconsistance de leurs réponses nous laissent songeurs, mais nous croyons tellement que l’on comprendra « en grandissant », que les idées se propagent en laissant résonner l’écho de leur cloche insidieuse…

L’étude des « grands » auteurs, peintres, musicien laisse peu de place à la recherche personnelle, à la créativité, à la réflexion. En assénant des artistes « reconnus » comme la norme du bien, combien de potentiels créateurs ont laissé leur flamme s’éteindre à force de croire qu’ils n’étaient pas « au niveau », combien n’ont pas cherché leur propre style ,faute à une admiration sans bornes pour quelque autre créateur que certains auront qualifié de génie !

Même lors des tardifs cours de philosophie il est moins demandé de réfléchir que d’apprendre par cœur des tonnes de citations. Même si on commence quand même à autoriser à réfléchir, sur la base d’autres pensées (sur lesquelles devrait se reposer notre pensée, si vide sans cela!), soit, mais quand même, la notion d’opinion personnelle est (enfin!) à portée.

Encore une fois, l’idée rampante étant que le « grand » est omniscient, avant, tu étais « trop petit » pour réfléchir.

Enfin ! Maintenant, tu peux.

Normal, ça fait assez longtemps qu’on te lobotomise.

Ou lobbytomise, au choix.

Ce que l’on nomme éducation n’est en fait qu’une vaste comédie vouée à faire de nous de dociles « citoyens » prêts à se sacrifier volontairement pour faire fonctionner la grande roue dans laquelle sont installés bien confortablement quelques individus qui profitent de la vue en se curant le nez et en balançant leur crotte par la fenêtre. (si un jour un pigeon s’est déjà lâché sur ton épaule tu vois de quoi je parle. Reste à se demander qui est le pigeon dans le premier cas.)

Pourtant depuis combien de siècles déjà de nombreux penseurs ont tenté de désamorcer cette réalité accablante pour notre propre volonté qu’est la servitude volontaire ?!

Mais, comme des pantins, quand les choses ne sont vraiment plus supportables, l’humain se révolte puis s’empresse de remettre le pouvoir entre de nouvelles mains, comme si cela allait par miracle changer quoique ce soit.

Pour ça, nous les Français, on est quand même de sacrés bouffons.

Société régicide mais rois de l’aveuglement, on se targue de la Révolution Française (non, non, les majuscules ne sont pas là par erreur), tout ça pour…élire…un Gouvernement soi-disant représentatif de la patrie mais qui impose des lois parfois absurdes par la force, où l’intégrité humaine se laisse écorner.

C’est quand même le comble du ridicule.

L’apprentissage de l’Histoire, pâle reflet de ses nombreuses facettes, soigneusement triées, en ayant comme fil d’Ariane la lignée des différents leaders, ignore la réalité vécue par la majorité. Comme si le peuple n’avait été tous ce temps que des figurants de leur époque.

Où sont les histoires des quotidiens populaires ? Le peuple n’aurait-il été que zombies oeuvrant en silence et sans passion pour la monarchie ?

L’histoire est racontée de manière à formater un système de pensée fourbe, nous poussant à voir l’évolution dans une période limitée afin de limiter la remise en question du bien-fondé de la situation dominés-dominants dans laquelle les sociétés sont enlisées depuis si longtemps.

En utilisant les monarques comme perpétuelle référence temporelle, on ancre (à force d’habitude) la notion de chef d’état, de gouvernant, tout en lançant l’idée qu’aujourd’hui, un président c’est tellement mieux qu’un roi (avant c’était pas aussi cool qu’aujourd’hui, wesh t’as vu, comment on est plus libre sans roi).

Sans compter que l’on nous rabâche « l’histoire » (celle qui commence avec Jésus ouais, tous ceux pour qui nous sommes en 2016 aujourd’hui sont concernés. Je parle de l’année d’écriture alors ne chipote pas si tu lis ça en 2023, tu m’as compris. Je le sais.) en long et en large, laissant planer autour de la préhistoire l’image des dinosaures et des premiers hommes.

La préhistoire ouais, ce petit détail qui compose l’essentiel de notre histoire.

Combien sommes nous, lorsque l’on pense préhistoire, à voir comme première image un homme de cro-magnon et/ou un dinosaure ? (je compte les mains levées.. oui.. oui… c’est bon, vous pouvez baisser la main.)

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Ben oui, pour bien des gens le passé du monde c’est dinosaures, Cro-Magnon, écriture, époque sombre médiévale, ouf sauvés par les lumières et paf, industrialisation. Le tout agrémenté de quelques guerres par ci par là parce qu’il faut bien gagner du pognon, euh, je veux dire aider les autres à se formater, pardon, se développer aussi bien que nous.

Pourtant bien des millénaires de sociétés ont grandies, se sont épanouies pour finalement décliner lors de cette mystérieuse période entre les cavernes et le début de la chrétienté.

Les mêmes stigmates qui nous assaillent ont déjà réduit des peuplades à travers temps et globe.

Maintenus dans une structure dominante, nous avons du mal à discerner que notre époque se base sur des concepts de plus de 2000 ans.

Vous me direz que la société a bien changée entre temps.

Evidemment, mais je parle de culture. (rappelle toi, on est en 2016, sur qui se base ta temporalité à ton avis?)

Mais croyez vous réellement que dans le passé les mondes n’évoluaient pas ? L’histoire n’est pas figée en périodes « fixes » ! (ouais ouais, les gens y sont tous restés pareils pendant des siècles avant woh les blaireaux!) Les générations évoluent, ainsi que les techniques et les pensées. Alors que quand on y réfléchit, nombre de ces civilisations, ces empires, ont vécus bien plus longtemps que notre jeune culture d’à peine 2000 ans…

Ce que l’on fait, ce que l’on pense, la cohabitation que l’on essaie de créer maladroitement, tout tourne en rond depuis des millénaires.

Celui qui décrit le passé a du pouvoir, ce pouvoir né de la courte mémoire intergénérationnelle de l’humain. Le pouvoir d’influencer en faisant croire aux autres que tout a « toujours été comme ça ». (et on est tellement cons que l’on répète bêtement un tas d’informations/principes/idées sans les avoir vérifiées et/ou au moins réfléchi à leur raison d’être..)

A chaque nouvelle expérience d’organisationsociétale des droits se gagnent, d’autres se perdent, avant de revenir des siècles plus tard comme une évolution, les mémoires ayant oublié que ce droit chèrement gagné existait déjà en des temps lointains. Tout comme l’on oublie que les droits d’aujourd’hui ne seront peut être pas ceux de demain si nous ne prenons pas garde.

La seule différence réelle avec le passé est notre technologie à double tranchant.

L’information circule plus vite, l’espace de liberté d’expression de chacun gagne du terrain.

L’information circule plus vite, l’espace de lobotomisation collective s’intensifie aussi.

Nous détruisons notre sens commun et notre habitat, la Terre, unique et indispensable, plus vite que jamais.

Alors il est temps de vraiment prendre le temps. De réfléchir. Chacun, parce que personne n’a de vérité absolue, et que le seul moyen de ne pas se borner à une vision est de toujours avoir beaucoup de questions et peu de réponses. Et même de remettre en question ses propres réponses régulièrement.

Les mises à jour, c’est assez moderne comme concept, non ?

Bien sûr, l’étude du passé et des pensées mène à mieux comprendre le monde. Etudier les autres pour mieux se comprendre, c’est important. Mais pas au détriment de sa recherche intérieure. A force de hiérarchiser, on s’impose des systèmes de foi pervertis qui étouffent le développement personnel, à coup de jugement sur soi et autrui.

A force de hiérarchiser, on s’inflige mutuellement une place pré-conçue, où l’individu ne cherche pas à dévoiler son potentiel mais à essayer de trouver un moule lui correspondant à peu près, quitte à être un peu serré dedans.

D’où l’expression « bien moulée » (aucun rapport avec le fruit de mer) et la mode des leggins.

Dès le départ, on nous apprend à faire des concessions, comme si l’on était incapables de mener sa barque juste en s’écoutant. Il y a toujours quelqu’un prêt à taxer d’utopistes les traceurs de rêves . Parce que ce chemin n’existait pas avant, parce que personne n’a l’air de vouloir que tu le traces toi même.

Pourtant, chaque chemin est simplement unique.

Chaque personne a son style, ses compétences. Mais les trouver, les exploiter, peut être un long chemin, qui demande du temps. Et ce temps, la vie et ses virtuels impératifs l’engloutissent.

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours écrit, joué mes pièces de théâtre imaginaires, chanté, j’ai toujours su que j’étais une Créatrice. Mais je pensais que pour écrire, il fallait écrire comme les auteurs que je lisais à l’école. Que pour composer un morceau, il fallait faire comme les compositeurs classique qui ont pourvu à mon éducation musicale.

Que ce n’était pas à la portée de chacun.

Dès que je faisais quelque chose par moi même, la voix intérieure du jugement m’expliquait à quel point ce que je faisais était faible, ne correspondait pas, n’avait aucune valeur à l’analyse.

Alors je me croyais incapable, j’idéalisais les autres, tous ceux qui arrivaient à créer.

Et inexplicablement, même si la voix du jugement et de l’analyse me disait parfois que ce que les autres créaient n’était pas non plus si extraordinaire que cela, je les admirais quand même parce qu’ils créaient.

Des années à tourner en rond, c’est bien cela.

Jusqu’au jour où j’ai créé, un peu par erreur, beaucoup par curiosité, dans des domaines où je ne maîtrisais tellement rien que je ne pouvais pas me juger. J’étais juste, contente d’avoir « fait ».

Et progressivement, j’ai mené la flamme libératrice vers ce qui m’était le plus familier, pour me rendre compte que cette fois j’y arrivais, et qu’en plus, à force de faire, je me rapprochais d’un style bien à moi, que je progressais.

Que pour réussir, c’était tout bête, mais il suffisait de se lancer.

Et de se donner le temps.

En libérant notre temps, nous pouvons l’utiliser pour nous perfectionner dans un domaine qui nous plaît. Les journées sont aussi bien remplies, remplies de vérités éphémères, de découvertes, d’explorations, de perfectionnement.

La différence avec le travail ? C’est la volonté de dispenser son temps comme on le souhaite, parce que souvent les idées naissent n’importe quand, en ne faisant rien, en prenant le temps d’écouter une musique, de lire quelque chose, de jouer, ou tout simplement de rencontrer.

Là où tout, même notre rythme personnel nous est imposé, le travail reprend son sens étymologique de torture.

Là où efficacité et rendement prennent le pas sur harmonie et pleine conscience, aucune pratique ne peut aboutir à son épanouissement le plus total.

Parce que non, je ne veux pas gagner ma vie (ne l’ai je pas déjà gagnée en m’extirpant du ventre de ma mère ?), je ne veux pas donner mon temps pour simplement consommer, chier, reconsommer, jeter et recommencer.

Ma vie, je ne la gagne pas, je l’explore, je la pousse, je la titille : elle et moi, c’est passionnel !

Je ne veux pas limiter mes choix et mes envies à une liste de possibilités, je ne veux pas croire que mon instinct est inférieur à celui de quiconque en ce qui concerne ma vie.

Tout comme je ne veux pas me limiter moi même à ce que je connais déjà ; je ne veux pas me contenter d’évoluer dans ce que je considère déjà parfait pour moi.

Les deux laisseraient ma pensée stagner.

C’est comme décider de reprendre un morceau de musique.

Parfois, tu connais une version qui te convient tellement que tu ne ressens pas le besoin de la reprendre. Tout ce que tu pourrais faire, c’est imiter ce que ton oreille ne veut pas entendre différemment, alors à quoi bon ?

Parfois, même si le morceau te transcende, toi même tu l’aurais joué autrement. Alors là, tu te fais plaisir en le faisant tournoyer jusqu’à la naissance de ta propre version. Ta toute personnelle vision dans l’élan créateur d’un autre, ayant trouvé sa source aux mêmes volutes du monde imaginaire que toi.

C’est comme ça que je vois la recherche de sa voie.

Parfois, ce n’est pas dans ce que l’on aime le plus que l’on va évoluer.

Parce que sans héros, on a moins tendance à vouloir atteindre quelque chose qui n’est, justement, pas entièrement nous.

C’est un peu comme écouter du métal et se rendre compte qu’on est super doué pour jouer du reggae.

D’abord, tu souffres.

Ce n’est pas, mais alors pas du tout ce que tu voulais, (et ça fait mal, mal, mal !) mais la facilité avec laquelle tu t »insères t’emporte. Tout paraît fluide sous tes doigts, les notes s’enchaînent d’elles-mêmes sans comprendre d’où cela vient.

Naturellement doué.

Si on nous l’avait dit, on y aurait jamais cru, voir même on aurait été horrifié !

Du coup on apporte plus facilement notre « touche personnelle » vu que l’on n’est pas familiarisé à ce monde musical. Et petit à petit, une nouvelle musique naît, la fameuse « fusion », et même si l’on n’est toujours pas fan de reggae, on le comprend, on le ressent, on l’apprécie mieux et on y intègre nos envies, nos goûts.

Une feuille vierge dans un domaine (mais qui y excelle!) ET qui ramène un bouquin venu d’un autre monde (richesse inconnue dans le coin)

Une nouvelle réalité qui intègre nos goûts et nos dons.

.

Ceux que l’on idéalise ne sont pas sur une voie qui leur convient parce qu’ils sont différents/chanceux/doués/(insérez ici une excuse quelconque), mais juste parce qu’ils sont partis en croisade pour se retrouver.

Eux-même passent par des périodes de doutes, de remise en question, d’abattement sur le pourquoi ils se compliquent la vie au lieu de se laisser bercer par le quotidien et de noyer leur cerveau dans tout et n’importe quoi plutôt que cette perpétuelle quête.

Mais ce sont aussi ces gens qui, parce qu’ils font ce qu’ils veulent au moment où ils le veulent, sont complètement impliqués dans leur action. Parce qu’ils s’écoutent, ils suscitent l’admiration des gens qui les observent à ce moment là, où ils brillent de leur feu intérieur.

Lorsque je rencontre des gens qui disent de quelqu’un qu’il est une « sacrée » personne, je leur rappelle que le sacré n’est que la valeur de l’unicité de nos vies propres et qu’on est tous un sacré quelqu’un, avec nos propres forces et envies. Notre joyau de liberté, notre noyau unique et précieux.

Ne reste plus qu’à se décider à tous partir à la recherche de notre Graal.

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